Il est des idées fausses qui se sont au fil des ans érigées en vérités et des vérités qui depuis des lustres ont la vie dure.

 

Mais s’il est une chose qui demeure, c’est que l’on ne prête qu’aux riches.

C’est un fait ! Nous sommes nombreux à l’avoir vécu. Et je vous invite d’ailleurs à vérifier s’il est plus facile de négocier un découvert lorsque nous sommes dans l’embarras que de le négocier lorsque notre crédit est au plus haut : Vous aurez la preuve que l’on ne prête qu’aux riches.

Pour le business c’est la même chose.

Si le capital social de l’entreprise est conséquent, pas de souci. Mais si par malheur il s’agit d’une SARL au capital de 1500 euros, alors le tour est vite joué.

« Trop risqué ! Pas assez de CA ! Revenez quand vous aurez 3 liasses fiscales ! Votre business nous n’y croyons pas ! Vous ne pouvez pas louer à la place ? Il serait plus judicieux que vous preniez un prêt conso à titre personnel ! … »

Et j’en passe.

L’entrepreneur qui débute est, face à ses banques, l’homme nu en quête de slip  : Honteux et pressé.

Si notre propos n’est pas d’ériger un monde contre un autre, de montrer du doigt une finance finalement régie par des règles écrites par des prudents et appliquées par des pleutres, s’il n’est pas question de vérifier l’existence d’une finance à deux vitesses – celle pour les grands qui empruntent beaucoup, longtemps et pour pas cher contre celle des petits qui empruntent peu à court terme et très cher – et s’il n’est finalement pas non plus de notre ressort de faire valoir que le monde de la banque est truffé d’individus dont le système de pensée reposant sur la gestion du moindre risque est en tous points opposé à celui de l’entrepreneur qui embrasse l’incertain avec la passion d’un adolescent amoureux, il est néanmoins de notre devoir de valider que notre réflexion part de ce constat donc simple : On ne prête qu’aux riches …

Et d’une façon logique aussi, il faut constater un autre aspect de cette réflexion : Ce sont les riches qui peuvent prêter … Investir …

On aurait donc tôt fait de penser que les riches prêtent aux riches et qu’il s’agit d’un immuable et sempiternel cercle dont la vertu ou le vice ne dépend finalement que du point de vue de l’observateur.

Eh bien il pourrait bien être un peu chamboulé, ce modèle.

Si l’on considère, comme nous le faisons avec le TimeFunding, que l’investissement vital à l’amorçage des jeunes entreprises, n’est pas par nature obligatoirement de l’argent sonnant et trébuchant, et que l’on peut tout à fait valoriser un apport en compétences afin de le transformer en investissement ou tout au moins en prêt, alors il devient possible à chacun d’entre nous, riche ou pauvre, nanti de notre seule compétence et de notre seule expérience, d’investir, de prêter … De placer notre temps au meilleur taux.

Et si cette solution peut laisser croire qu’il s’agit d’un cercle vertueux parallèle à celui de l’entre soi décrit plus haut, il n’en est rien !

Certes, il n’est soudainement pas devenu davantage possible à celui qui n’a pas de capital, de placer de l’argent.

Mais l’inverse n’est pas vrai : Il n’est interdit à personne fut-il riche, de vouloir donner, prêter son temps, ou de le placer dans une entreprise en phase d’amorçage.

Le placement ou le prêt de temps et de compétence dispose d’un atout éminemment plus pertinent que le placement d’argent qui n’est finalement que l’action d’un instant et l’huile à un rouage qui n’attend rien de nous pour fonctionner : Placer son temps, son savoir, c’est participer, c’est donner un sens profond à son investissement, c’est épouser la fibre entrepreneuriale de celui que l’on accompagne, c’est finalement aussi philosophique et militant qu’une action politique ou que de se mettre au service d’une association.

Le temps placé, prêté ou donné n’est pas qu’une quantité. C’est une qualité. Ce temps n’est pas pondéré que d’une compétence, il l’est surtout d’une envie, d’une volonté, d’un engagement.

En ce sens, il vaut plus que la mise au pot de capital au sens classique du terme.

Beaucoup plus.

Et il ne s’agit pas non plus que d’une idée.

Il ne s’agit pas de théoriser sur la valeur philosophique du temps que je prête, que je donne ou que je place. Un actionnaire, fut-il actif, n’aura jamais le poids d’un collaborateur qui a les mains dans le cambouis, à valeur financière égale. En d’autres termes, il vaut mieux pour un jeune chef d’entreprise, avoir à ses côté un collaborateur TimeFunder qui investit son temps à hauteur de 30 000 euros, qu’un actionnaire qui prendrait pour 30 000 euros de parts au capital, sans bouger les oreilles …

Alors pourquoi penser qu’il s’agit d’une aubaine pour ceux qui ne peuvent d’ordinaire pas investir ? Pas prêter ? Pourquoi penser que le TimeFunding est une bonne idée, pour les classes moyennes ?

C’est très simple : Si tout le monde n’a pas de liquidités disponibles tout le monde dispose en revanche d’un peu de temps et presque tout le monde peut se targuer d’avoir une valeur ajoutée ou une compétence quelconque.

Il est bien entendu qu’il ne s’agit pas de dire bêtement qu’il y a ici une solution miracle à l’inactivité de nos chômeurs ou que tout le monde est si compétent qu’il est incompréhensible que ce chômage perdure.

Non. Il y aura toujours autant de mauvais, d’incompétents, de paresseux, d’inadaptés, et ces gens-là, aux côtés de ceux dont les compétences n’intéressent pas de prime abord l’écosystème des entreprises (Artistes, sportifs, militaires, etc …) constituant des groupes assez peu définis, ne trouveront pas avec le TimeFunding une solution à leurs maux ni même un complément de revenus.

Pour tous les autres, en revanche, à quiconque souhaite faire fructifier son temps « libre », le TimeFunding offre la possibilité de devenir un prêteur, un investisseur ou un entrepreneur « de compagnie ».

Mais vous allez me dire (et vous aurez raison) : « quid de la fiscalité ? »

C’est le dernier pas pour que l’investissement en temps soit l’égal de l’investissement en capital. La fiscalité d’aujourd’hui, en avril 2017, n’existe pas pour ce type d’investissements. Elle est donc à définir.

En effet, si l’on veut devenir TimeFunder aujourd’hui, en l’état de la loi et des règles en cours, il faut pouvoir facturer son prêt de temps. Si l’on veut prendre une participation en convertissant son prêt en investissement en parts de capital, cela demande aussi une démarche technique que The TimeFunding Company accompagne évidemment, mais qui n’est pas simple.

Il devrait à terme (Court, si possible ! Politiques, entendez-vous ?) devenir possible de prêter son temps sur le modèle d’un prêt d’argent comme celui que l’on observe sur les plateformes de crowd lending.

En l’occurrence, aujourd’hui, si je prête 100 sur une telle plateforme, je suis récompensé pour mon risque sur la base d’un taux d’intérêt. Et c’est uniquement sur cette base que je suis taxé. Si j’ai donc récupéré 6% d’intérêts, alors je serai taxé sur ces 6%. Et à un taux fixé par la loi : 24% forfaitaires et 15,5% de contributions et prélèvements sociaux.

Le TimeFunding deviendra la solution absolue d’investissement par les « pauvres » quand la promesse sera donc que l’on ne taxera non plus le montant investi/prêté en équivalent temps, mais bien l’intérêt apposé à ce montant.

Il est bien entendu qu’il faudra, par la loi, limiter le montant maximum annuel des intérêts perçus par un même individu, afin d’éviter tous les excès. Mais l’on pourrait tout à fait envisager un montant maximum de 3000 euros par exemple.

Ceci constituerait déjà une niche fiscale conséquente puisqu’elle permettrait, à un taux d’intérêt de 5% en moyenne, de prêter son temps à hauteur de 60 000 euros annuels. Coquette somme pour qui pourrait se permettre de prêter beaucoup de son temps, mais somme rarement perçue par la nature même des obstacles à l’atteinte d’un tel plafond : Le temps libre n’est pas infini, les missions n’atteignent que très rarement plus de 8000 euros pour 5 à 6 mois … Sans compter l’éligibilité des entreprises pouvant avoir recours au TimeFunding (Création, préparation aux levées de fonds, pivotage, etc …) Bref.

Dans de telles limites, on sent bien que le risque de fuite fiscale vaudrait largement la chandelle de voir l’individu se substituer à l’état en matière d’abattements de charges salariales et patronales à l’embauche sur les salaires bas ou pour les jeunes entreprises, ou encore en matière de subventions diverses et variées vouées à être réintroduites en circuits fermées à des incubateurs ou des pépinières tenues à bout de bras par ces dites subventions. À ce titre, le TimeFunder peut à bien des égards représenter une forme chirurgicale de dématérialisation de l’incubateur, mais c’est un autre propos sur lequel nous reviendrons plus tard.

Voici donc, en peu de mots la raison qui fait que grâce au TimeFunding, les « pauvres », les classes moyennes, et les classes moyennes supérieures, pourront enfin jouer aux riches, en plaçant leur temps au meilleur taux, en investissant leur compétences et leurs connaissances dans des start-up d’avenir, en participant finalement à ce merveilleux rouage qu’est l’économie participative en recueillant pour elles ce que le capitalisme innovant pourrait avoir de meilleur : Un partage plus équitable de la création de richesses ?

 

Réconcilier le travail et le capital ? Et vous qui pensiez rêver !

 

Par Nash Hughes.